Les sodas en veulent-ils à notre santé ?

Panique outre-Atlantique ! Le Maire de la ville de New York, Michael Bloomberg, s’est attiré les foudres de l’opposition en proposant de limiter la contenance des gobelets de sodas et autres boissons sucrées à un maximum de 45 cl dans le but de réduire la consommation de soda de la population. Les critiques vont jusqu’à prononcer le mot « fascisme » et parlent d’une atteinte à la liberté. Les mesures du Maire pour protéger la santé de ses concitoyens vont-elles trop loin ? Le soda est-il notre ennemi ?
On le sait, les polémiques autour du soda vont et viennent sans cesse. Trop sucrés quand on ne remet pas en cause leur teneur en aspartame, trop agressifs pour l’organisme quand on ne parle pas des nombreux ingrédients douteux qui les composent… Les sodas ne font pas l’unanimité. Pourtant, ils tiennent le haut des ventes du secteur de l’alimentaire et les consommateurs en raffolent.
Un tremplin vers l’obésité
L’obésité est devenue un problème majeur qui touche plus de 20 millions de Français jugés en surpoids par les professionnels de santé. C’est le résultat de l’enquête ObEpi (Epidémiologie de l’Obésité). Plus de 19% des enfants français sont touchés par cette problématique qui peut être à l’origine de différents problèmes de santé. « Ce que l’on boit doit avoir autant d’importance que ce que l’on mange » nous explique Claire Lenain, nutritionniste, qui s’étonne toujours de voir certaines femmes se limiter à une salade pour le repas « mais consommer des litres de soda sans penser aux calories et aux sucres qu’ils contiennent ». « On observe une croissance parallèle des chiffres de l’obésité en France et de ceux de la consommation de sodas dans les foyers français » explique-t-elle. « Le simple fait de remplacer un soda sucré par une boisson non calorique entraine naturellement une baisse de l’IMC chez de nombreux adolescents qui ont des problèmes de poids, c’est bien la preuve que quelque chose se joue à ce niveau ! » rajoute Claire avant de conclure : « Mais à la prise de poids se rajoutent d’autres conséquences peu souhaitables : risques de diabète, d’hypertension artérielle, d’excès de triglycérides… et dans un registre plus soft mais toujours problématique, des problèmes dentaires ».
Une hausse des cancers
Chaque année en France, 4000 décès sont imputables aux cancers de l’œsophage. Une maladie mise en parallèle avec la consommation quotidienne de sodas. En effet, les chercheurs ont dressé un calcul alarmiste : la consommation d’une cannette de soda chaque jour, soit 240 litres de soda par an, exposerait l’organisme à près de 535 heures d’attaques acides. Un cocktail explosif pour l’estomac, distendu et fragilisé. Les reflux qui en découlent abimeraient l’œsophage et favoriseraient l’apparition des cancers… En France, c’est près de 5000 nouveaux cas qui sont apparus ces dernières années, touchant à 80% des hommes.
Light en calorie, mais pas en soucis
Bien sûr, il y a déjà longtemps que la plupart d’entre nous se sont tournés vers les sodas light. Pourtant, une étude menée auprès de 2564 américains pour le projet Northern Manhattan Study (NOMAS) a mis en lumière les risques liés à la consommation de ces boissons. Ainsi, une consommation quotidienne de soda light augmenterait de 61% le risque d’accident cardiovasculaire.
Un argument de plus dans la lutte contre le light, déjà largement incriminé pour sa forte teneur en aspartame, jugé cancérigène par de nombreux scientifiques. Quant à l’acide phosphorique que les sodas light contiennent, il jouerait un rôle prépondérant dans la déminéralisation osseuse puisqu’il empêche l’absorption du calcium…
Des nuances
Toutefois, force est de constater que les études peinent à se mettre d’accord. Car si les résultats sont alarmistes, les facteurs qui les composent sont un peu rassurants : il faudrait une consommation particulièrement élevée de ces boissons pour conduire à de véritables troubles… Mais notre nutritionniste s’empresse de nuancer cela en apportant ses conseils avisés : « Vous ne pouvez que trouvez du positif en diminuant votre consommation de soda. Boire du soda, ce n’est pas boire d’autres boissons plus utiles pour l’organisme, par exemple des boissons enrichis en calcium ou plus douces pour les reins. Pas besoin d’arrêter complètement, il suffit de freiner un peu sur les sodas et de réintroduire d’autres boissons dans votre quotidien… ». S’agissant de l’aspartame, la nutritionniste est en revanche intraitable : « Il existe aujourd’hui d’autres solutions, comme la Stévia ou l’agar-agar. Certains grands groupes de l’alimentaire s’y sont mis, boycottez les autres ! ».