L'Espagne appelle officiellement à l'aide
Le drapeau espagnol flotte devant le siège de Bankia, à Madrid, le 21 juin 2012.
Madrid a envoyé à l'Eurogroupe une lettre demandant une assistance pour ses banques en difficulté. La deuxième du pays, BBVA, a assuré ne pas en avoir besoin.
L’Espagne a publié lundi sa lettre officielle de demande d’aide à la zone euro, sans toutefois fournir les détails du plan qui devrait être prêt pour le 9 juillet, date de la prochaine réunion de l’Eurogroupe.
Le gouvernement espagnol avait annoncé jeudi que ses banques auraient besoin de 62 milliards d’euros au maximum, se basant sur les résultats des audits indépendants, tandis que la zone euro a proposé au maximum cent milliards d’euros.
«Le ministre de l’Economie Luis de Guindos, a envoyé aujourd’hui au président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, au nom du gouvernement espagnol, la lettre de demande d’assistance financière pour la recapitalisation des entités financières qui en ont besoin», a indiqué le ministère dans un communiqué.
Ni le montant de l’aide demandée, ni les modalités du prêt, qui sera versé aux banques via le fonds public espagnol d’aide au secteur bancaire, ne sont encore définis. Luis de Guindos avait annoncé la semaine dernière qu’il pourrait s’agir d’un prêt sur plus de 15 ans, «avec des taux d’intérêt compris entre 3% et 4%».
Le gouvernement se dit prêt dans sa lettre à finaliser les détails du prêt «avant le 9 juillet, afin qu’il puisse être discuté à la prochaine réunion de l’Eurogroupe».
Avec ce plan, l’Espagne va devenir le quatrième pays de la zone euro à bénéficier d’une aide européenne, après la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Ce prêt est cependant limité au secteur bancaire du pays, fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.
La deuxième banque du pays, BBVA, a toutefois fait savoir qu'elle n’aurait pas besoin de solliciter une aide financière dans le cadre de ce plan.
Jusqu'à présent, «BBVA n’a pas eu besoin d’aide, et elle n’en a toujours pas besoin», a affirmé lundi son directeur général, Angel Cano lors d’une rencontre avec des journalistes à Santander.
Alors que deux audits indépendants ont montré jeudi dernier que les banques espagnoles auraient besoin de jusqu'à 62 milliards d’euros pour faire face à une détérioration de la situation économique, Angel Cano a assuré que «le système financier espagnol (était) mené par des entités solides».
Et «les trois principales entités financières du pays (Santander, BBVA et CaixaBank, ndlr) n’ont pas besoin de capitaux» supplémentaires, a-t-il précisé.