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11 Tunisiens parmi les ravisseurs d'In Amenas

Dérnière mise à jour:
2012-07-13 15:32:50

La Syrie endeuillée par un nouveau massacre

Image fournie par Shaam News Network, prise le 10 juillet à Homs.

Image fournie par Shaam News Network, prise le 10 juillet à Homs.

"C'est peut-être le plus grand massacre commis depuis le début de la révolution", selon Rami Abdel Rahmane, le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Jeudi, ce sont plus de 150 personnes selon l'OSDH, 200 selon un chef rebelle, qui ont été tuées dans une attaque du village de Treimsa, près de Hama, par des chars et des hélicoptères des forces gouvernementales.

Selon un militant vivant dans la province, le bilan est particulièrement lourd car l'armée a pilonné une mosquée où de nombreux habitants avaient cherché refuge. Treimsa "est vide maintenant. Tout le monde est mort ou a fui", a affirmé ce militant, disant s'appeler Abou Ghazi. "Une trentaine de véhicules de l'armée ont totalement encerclé le village. Il n'y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers les champs était abattu", a raconté un autre militant."Après le bombardement, l'armée est entrée (dans Treimsa) avec des armes légères, et les (miliciens pro-régime) shabiha suivaient avec des couteaux", a-t-il ajouté.

Selon l'agence officielle syrienne SANA, des affrontements ont opposé l'armée à un "groupe terroriste" dans la localité. Sans donner de bilan, SANA a affirmé qu'il y avait eu "de lourdes pertes dans les rangs des terroristes" et que trois soldats avaient été tués.

"CHOQUÉ ET EFFARÉ"

Kofi Annan s'est déclaré "choqué et effaré" par ces nouvelles, et "condamne ces atrocités dans les termes les plus forts""Il est plus important que jamais que les gouvernements ayant une influence l'exercent de façon plus effective pour s'assurer que la violence cesse immédiatement", a-t-il alerté. L'émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie estime que le gouvernement a violé son engagement "de cesser l'emploi d'armes lourdes dans les centres depopulation", et précise que la mission des observateurs de l'ONU est prête à serendre sur place pour "vérifier les faits, si et quand les circonstances le permettront". Il demande le respect de la liberté de déplacement de ces observateurs.

A Damas, le chef des observateurs, le général Robert Mood, a indiqué qu'ils étaient prêts à se rendre dans la localité de Treimsa, en cas de cessez-le-feu."Comme vous le savez, la mission a suspendu ses opérations en raison du niveau inacceptable de violence sur le terrain (...) Cependant les observateurs sont toujours stationnés dans les différentes provinces, peuvent voir ce qui se passe dans les environs et sont en relation avec les parties sur le terrain", a-t-il dit.

L'Organisation de coopération islamique (OCI) a aussi vivement dénoncé, vendredi, le "massacre" de Treimsa, et appelé le Conseil de sécurité de l'ONU àagir pour mettre fin au bain de sang dans ce pays. Le secrétaire général de l'OCI, le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, s'élève aussi "contre la poursuite des tueries et des massacres dirigés contre le peuple syrien, notamment à l'approche du ramadan", le mois de jeûne musulman, qui doit commencer aux alentours du 20 juillet.

La France a estimé que ce massacre manifeste "une fuite en avant meurtrière du régime" et a de nouveau appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à "prendre ses responsabilités""Ce drame illustre à quel point le premier pas vers la cessation des violences incombe au gouvernement syrien", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Bernard Valero.

Des combattants de l'ASL, le 12 juillet 2012.

L'opposition syrienne a quant à elle pressé le Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante à l'encontre du régime. "Arrêter cette folie meurtrière qui menace l'entité de la Syrie, la paix et la sécurité dans la région et dans le monde, nécessite une résolution urgente et tranchante du Conseil de sécurité sous le chapitre VII (de la charte de l'ONU), qui protège le peuple syrien", indique le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition.

Les Frères musulmans de Syrie n'ont pas hésité à accuser vendredi l'émissaireinternational Kofi Annan, ainsi que l'Iran et la Russie, deux alliés du régime Assad, d'être responsables, par leur inaction, du massacre commis la veille. "Nous ne considérons pas le monstre Bachar comme seul responsable de l'effroyable crime (...) mais (aussi) Kofi Annan, les Russes et les Iraniens et tous les pays du monde qui prétendent être responsables de la protection de la paix et de la stabilité dans le monde puis qui gardent le silence", affirme la confrérie.

Source :Le monde.fr

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